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Auguste Jean

VASE

VASE

Entre 1877 et 1884

Verre soufflé et modelé à chaud, décor polychrome émaillé, rehauts de dorure

H. 15,8 cm

Collection privée

© Bonhams

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Bonhams, Fine Glass, Including the Overduin collection (vente 22021), Lot 89, Londres, 21 mai 2014.

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Petit vase sur pied globulaire à haut col évasé, pourvu de trois petites anses disposées sur la panse, en verre soufflé fumé translucide de couleur ambre. Les trois anses, en verre translucide rose, sont rapportées à chaud. La surface est entièrement recouverte d’un riche décor émaillé polychrome, animé d’effets métallisés et de rehauts dorés.

Par sa silhouette, ce vase s’inspire des « lampes de mosquée » mameloukes, dont les formes furent largement réinterprétées par les verriers français du XIXe siècle dans le contexte du goût pour l’Orientalisme. Les trois petites anses qui ponctuent la panse peuvent notamment évoquer, par leur disposition, les anneaux de suspension caractéristiques de ces lampés .

Le décor émaillé couvre l’ensemble du piétement, de la panse et du col. Il se compose de motifs géométriques, de motifs floraux et végétaux stylisés, traités dans un vocabulaire ornemental d’inspiration orientale et interrompus par des médaillons et des cartouches aux contours complexes, accueillant une pseudo-calligraphie.

Auguste Jean n’est pas le seul verrier à s’être inspiré des lampes de mosquée mameloukes : Émile Gallé et surtout Philippe-Joseph Brocard en proposent également des réinterprétations. À la différence de Brocard, qui frôle parfois le pastiche, chez Auguste Jean la référence historique fait toutefois l’objet d’une réinterprétation particulièrement libre. Avec ses 15,8 cm de hauteur, ses proportions ramassées et son petit format, le vase s’éloigne sensiblement des modèles historiques. L’emploi d’une pseudo-calligraphie, dépourvue de signification, participe également à cette évocation d’un Orient rêvé plutôt qu’à la volonté de reproduire fidèlement un modèle ancien. L’œuvre témoigne ainsi de cette conception largement fantasmée de l’Orient qui nourrit l’imaginaire des artistes et des arts décoratifs français au XIXe siècle.

Cette forme demeure rare dans l’œuvre connue d’Auguste Jean. Un seul autre exemplaire est actuellement identifié. Son décor, cependant, relève cette fois d’un vocabulaire extrême-oriental, témoignant de la capacité d’Auguste Jean à appliquer une même structure à des sources d’inspiration différentes. 

État de conservation : Bon état. Quelques traces de restauration.

Signature : Signé au revers, sous la base, en émail rouge-orangé : « A. Jean ».

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