Brevets d'invention
Bien plus qu'un simple directeur d'atelier, Auguste Jean se distingue tout au long de sa carrière par une recherche constante d'innovation technique. Soucieux de maîtriser, perfectionner et renouveler les procédés de la céramique comme du verre, il mène d'inlassables expérimentations. Pour preuve, il dépose six brevets d'invention entre 1858 et 1889, consacrés aux émaux, aux effets de métallisation et aux procédés de fabrication appliqués à la céramique et au verre.
À l'instar de plusieurs de ses contemporains, son intérêt initial pour la reproduction des œuvres anciennes, nourrit une exploration approfondie des techniques et des matériaux. Cette quête de compréhension dépasse rapidement l'imitation pour conduire à une véritable démarche créatrice.
1858
1er Brevet d'invention
📍307, rue Saint Jacques à Paris (V).
Alors qu'Auguste Jean signe encore en tant qu'artiste peintre sur porcelaine, il dépose son premier brevet d'invention : "Nouveaux moyens d'illustrer et de décorer les émaux, la faïence, la porcelaine, ou céramographie."
Il s'inspire des procédés lithographiques qu'il adapte pour l'application des émaux sur faïence et porcelaine, grâce à un crayon de sa conception permettant de dessiner directement sur la pièce ou sur un papier à décalquer.
1870
2nd Brevet d'invention
📍61, rue Dombasle à Paris (XV)
Il dépose son second brevet d'invention : "Un nouveau procédé d'émaux cloisonnés appliqués à la céramique."
Le procédé consiste à appliquer sur la céramique des filets métalliques (or, argent, cuivre, zinc ou laiton), préalablement façonnés, avant d'appliquer les émaux opaques ou translucides dans les différentes alvéoles formées en surface. Une cuisson de petit feu permet ensuite de fondre les émaux et de fixer les filets.
1872
3ème Brevet d'invention
📍61, rue Dombasle à Paris (XV)
Il dépose son troisième brevet d'invention : "Application de la galvanoplastie à la décoration de tous les produits de la céramique".
Inspiré de la galvanoplastie, procédé emprunté à l'orfèvrerie, il obtient des effets de métallisation sur la faïence et la porcelaine. Après une première cuisson de grand feu fixant les émaux, les motifs sont tracés à l'aide d'une solution métallique (cuivre, or ou argent), puis soumis à une seconde cuisson de petit feu afin d'en assurer l'adhérence. La pièce est ensuite plongée dans un bain galvanoplastique, qui dépose le métal sur les seules parties préalablement traitées. Il obtient ainsi des "nuances éclatantes".
1877
4ème Brevet d'invention
📍61, rue Dombasle à Paris (XV)
Il dépose un quatrième brevet d'invention : "Nouveau procédé pour donner au verre des effets métalliques et prendre sous ce titre verre métallisé".
Sur un rare papier à en-tête, il expose son procédé de métallisation du verre reposant sur l'ajout de nitrate d'argent et d'oxyde de bismuth à la composition verrière, dosés selon les effets recherchés. Après fusion en masse ou application d'une seconde couche de verre, la pièce est exposée à la fumée afin de révéler les effets métallisés.
1878
Procès contre Monot & Stumpf
📍Paris
Auguste Jean intente un procès contre l'un de ses concurrents : Monot & Stumpf, qu'il accuse de contrefaçons pour la fabrication de verreries métallisées. Il perd cependant le procès, ne pouvant prouver que la technique employée est identique à celle qu'il utilise et pour laquelle il a déposé un brevet d'invention l'année précédente.
1887
5ème Brevet d'invention
📍Paris
Il dépose un brevet d'invention : "Fabrication d'un nouveau produit céramique à base de lave volcanique naturelle."
Il décrit un procédé de fabrication d'une céramique à base de lave volcanique naturelle, obtenue par fusion d'un mélange de lave, kaolin, porcelaine biscuit, feldspath, craie et granit dans un moule porté à très haute température dans un four de verrerie, avant refroidissement.
1889
6ème et dernier Brevet d'invention
📍Vierzon
Il dépose un sixième brevet d'invention : "Teinter ou métalliser le tout ou en partie, le verre, cristal, et tout ce qui à rapport à la verrerie et à la céramique en général dans le cours de la fabrication ou une fois en pièce terminée par le vaporisateur, ou tout autre appareil à vent ayant pour base l'air".
Poursuivant ses recherches sur la métallisation, il met au point un procédé utilisant un vaporisateur ou tout autre appareil à vent pour métalliser, teinter ou jasper, au moyen de différents oxydes, tout ou partie d'une pièce en verre ou en céramique.